Physiologie

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Terme Définition
Physiologie

Science qui fait partie de la biologie et qui traite des fonctions des organes dans les êtres vivants, végétaux et animaux.

Physiologie, c’est vraiment à l’origine de l’origine du vivant que ce mot nous conduit;: Phusis (Φύσιζ ) , ce mot signifiant l’action de faire naître, de faire pousser, de faire croître, de former, de produire, s’inscrit dans la racine indo-européenne «;bhu;» exprimant l’idée de pousse, de croissance, de développement. C’est bien la même racine – quasiment au sens propre – que l’on retrouve en sanskrit avec «;bhumi;» qui nomme le sol, la terre;: l’homme, cet humus, cette glaise dont il tire symboliquement son nom, exprime ainsi dans son nom-même ses origines terriennes. Il trouvera ensuite les éléments nourriciers nécessaires à sa propre croissance – sa physiologie – dans cette terre originelle, l’humus de ses origines, au moins sémantiques.

«;On ne connaît bien une science que lorsqu’on en connaît l’histoire.;»
Auguste Comte (1798–1857)
Auteur : B. Pigearias Cabinet médical, 3 rue Cronstadt, 06000 Nice.
La physiologie, science de la vie…

Ce concept de pousse, de croissance inscrit dans le phusis (Φύσιζ ) grec sera repris largement en médecine dès l’époque d’Hippocrate de Cos (−460/vers −370) dans la description des différents types de croissance biologique, et des os en particulier : la croissance à partir (apo/⍺πο), entre deux (dia/δι⍺), sur (épi/πι), en soudure (sun/συν) donnera un lexique médical précis avec apophyse, diaphyse, épiphyse, symphyse. Ainsi une glande particulière se développant sous (hypo/υπο) le cerveau sera tout naturellement l’hypophyse et l’autre glande unique sera qualifié par simple opposition d’épiphyse. Ce Phusis (Φύσιζ ) désigne ainsi l’accomplissement d’un devenir, ce qui se réalise naturellement après sa naissance. Ce Phusis (Φύσιζ ) est donc la nature et cette dernière en est l’expression latine : le natura latin venant de nasci , naître.

La société grecque antique qualifiait de phusiologos (φυσιολογοζ), donc de physiologue le philosophe, cet homme du savoir, de la connaissance, qui s’occupe des sciences de la nature.

Le premier « physiologue » est sans doute Thalès originaire de Milet en Ionie (Θ⍺ληζ ο Mιλήσιοζ/625–547 av. J.-C.), l’inventeur du théorème éponyme dont l’application lui permit de donner la mesure de la grande pyramide d’Égypte en calculant le rapport entre son ombre et un corps de référence dont la hauteur est connue. Voilà 27 siècles que Thalès considère que la nature –phusis (Φύσιζ ) – ne relève pas d’une cause exogène (divine par exemple) mais interne, inhérente au vivant. Cette école des physiologues de Milet pose les bases de la Phusiologia (υσιολογι⍺) première approche de l’étude de la nature séparant le naturel exprimé dans la physiologie du surnaturel exprimé dans la mythologie. L’unité de cette pensée sera la quête du lien entre les éléments de la nature, l’eau, le feu, l’air, la terre et les principes ultimes du monde matériel, l’humide, le sec, le chaud, le froid.

Pour Thalès, « l’eau est le principe de toute chose » évoquant à partir de cet élément l’auxèsis (⍺υξησιζ) le principe de croissance, d’augmentation, précisément celui qui est repris dans le terme de physiologie et qui fait la marque du vivant. Ainsi l’ordre naturel, celui de la nature donc physique des éléments s’opposera à la création de l’homme, le nomos (νομοζ), la loi issue de la pensée humaine.

C’est la même idée qui sera reprise dans l’écologie (οικοζ-λογοζ/oikos-logos ), cette science de la maison au sens de la terre, notre maison qui décrit les « lois de la nature » en opposition à l’économie (οικοζ-νομοζ/oikos-nomos ), la gestion de la maison, de notre terre par l’application des lois édictées par les hommes. Cette idée d’ordre naturel a été reprise au xviiie siècle avec le terme de Physiocratie, cette forme de pouvoir (cratos/κρ⍺τοζ) de la nature : les physiocrates, ces économistes d’avant le révolution française par souci de respecter les lois de la nature privilégiaient l’agriculture au commerce.

La première école d’économie a ainsi été fondée par un médecin, François Quesnay (1694–1774), penseur – en économie – de Louis XV et qui a laissé la première analyse quasi-entropique de l’économie sous forme du « Tableau d’économique ». François Quesnay le commente en 1763, dans son ouvrage Philosophie rurale ou économie générale et politique de l’agriculture comme étant « la première règle d’arithmétique que l’on ait inventée pour réduire au calcul exact et précis la science élémentaire et l’exécution perpétuelle de ce décret de l’Éternel : Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front… ».

Au xiie et xiiie siècle, le terme de fusique puis fisique, phisique et enfin physique au xve siècle apparaîtra comme étant l’étude de la nature, des sciences naturelles. L’ancien français a repris ce terme du moyen âge au xviie siècle au sens de médecine : la physique étant la médecine, les physiques étant les médicaments. C’est alors que ce terme est passé à l’anglais, alors que la cour d’Angleterre parlait français et que plus de 40 % de la langue anglaise était emprunté à la langue française (xiiie siècle) : le terme de « physician » au sens médecin est d’ailleurs resté dans la langue anglaise jusqu’à ce jour.

La physiologie, phénoménologie du vivant…

Antoine Furetière (1619–1688) dans son dictionnaire universel, qualifie la physique comme la « science des causes naturelles qui rend raison de tous les phénomènes du ciel et de la terre », et cite la physiologie comme une « partie de la Médecine qui apprend à connaître la nature par rapport à la guérison de l’homme ».

C’est bien l’idée de physiologie référentielle qui apparaît dès le xviie siècle, la guérison étant le retour de phénomènes pathologiques aux phénomènes décrits comme physiologiques, ceux d’une nature, d’un vivant, non altérés. Claude Bernard (1813–1878) dans son Introduction à l’étude de la médecine expérimentale définira la physiologie comme étant « …la science qui a pour objet d’étudier les phénomènes des êtres vivants et de déterminer les conditions matérielles de leur manifestation » [7]. La physique peut ainsi être considérée comme science de la nature, ce qui est son essence sémantique même. La physiologie en est une composante, véritable lecture des phénomènes concourant au maintien de la vie. La physiologie serait donc bien la phénoménologie du vivant.

Ce grand penseur critique de la science par l’expérience ajoutait justement sur cette notion du vivant : « La vie n’est rien qu’un mot qui veut dire ignorance, et quand nous qualifions un phénomène de vital, cela équivaut à dire que c’est un phénomène dont nous ignorons la cause prochaine ou les conditions. » Mais il avertit dans ses Leçons sur la chaleur animale (1876) que si « la médecine expérimentale a existé en germe dans tous les pays, on pourrait lui donner Galien comme fondateur ».

Ainsi c’est à Claude Galien (Γ⍺ληνóζ/Galênós - Claudius Galenus 129–210) que l’on doit la seconde grande synthèse sur les connaissances de la médecine plus de trois siècles après Hippocrate. Ce philosophe a reçu sa formation de médecin dans les écoles hippocratiques des asclépiades (temple d’Asclépios, dieu de la médecine) Pergame, Smyrne, Corinthe, Alexandrie. Devenu médecin de la gladiature, des empereurs Marc-Aurèle, Commode, Septime Sévère, aidé d’une vingtaine de scribes, il a écrit plus de 500 ouvrages en médecine, chirurgie et pharmacie. Il est considéré comme le père des pharmaciens, la galénique étant alors la première approche systématique des médicaments ; et c’est au xviie siècle que les pharmaciens vont prêter en France le serment de Galien.

Sa pensée est alors fondée sur deux principes ainsi que le rappelle Jean-Philippe Derenne : causalité et théorie de la démonstration. Galien va définir plusieurs types de causes : « la première, la principale, ce pourquoi une chose existe ; la seconde, ce par quoi elle existe ; la troisième, ce dont elle provient ; la quatrième, ce grâce à quoi ; la cinquième, si l’on veut, ce selon quoi elle est faite ». Cette pensée galénique véritable synthèse des pensées grecques philosophiques post-socratiques est le cadre même de toute pensée logique qui sous-tend la médecine par l’expérience, fondement de la quête de la compréhension des phénomènes qui font le vivant, la physiologie.

La seconde synthèse post-hippocratique fut assurée par Avicenne (Ibn Sinna - Abū ‘Alī al-Husayn ibn ‘Abd Allāh ibn Sīnā - 980 Boukhara 1037 Hamadam) reprenant tous les textes de l’école de Cos, des grandes écoles antique de Pergame (Galien), d’Alexandrie : le Canon d’Avicenne (Le Canon de la Médecine – Kitab Al Quanun fi Al-Tibb/livre des lois médicale –) fut le corpus médical de référence écrit en arabe reprenant les traductions des textes grecs hippocratiques et latins galéniques, y associant le développement de la médecine expérimentale développée autour de Bagdad. Ce canon fut régulièrement réédité en arabe jusqu’en 1593 pour sa dernière édition à Rome.

Toutefois dès la fin du xe siècle, Gerbert d’Aurillac, le futur pape Sylvestre II dispense un enseignement à l’école de la cathédrale de Rouen à partir des traités arabes rapportés d’Espagne : ces écoles préfigurent les universités et sont l’origine réelle et sémantique de la scolastique (scola/école ). C’est à Gérard de Crémone (1114–1187) établi à Tolède sous domination arabe que nous devons l’essentiel des traductions des textes fondamentaux à partir de l’arabe : l’Almageste de Claude Ptolémée, l’essentiel des écrits scientifiques d’Aristote, le canon d’Avicenne, l’abrégé du calcul d’Al Khawarizmi (dont le nom nous a donné algorithme), le Régime des maladies aiguës d’Hippocrate, etc. Et c’est seulement xviie siècle après sa création que l’œuvre d’Aristote (−384–−332) a été traduite à en latin partir du texte grec original par un dominicain, évêque latin de Corinthe, Guillaume de Moerbeke (1215–1286).

La vie comme le fruit d’un accomplissement des fonctions qualifiées naturellement de vitales

C’est au xvie siècle qu’une troisième synthèse fut écrite par Jean Fernel (1497–1558) ainsi que le rapporte Jean-François Cordier, rappelant le livre de Charles Scott Sherrington prix Nobel en 1932 pour ses travaux en neurophysiologie et la découverte des synapses : « The Endeavour of Jean Fernel ». .... lire la suite

Auteur : B. Pigearias Cabinet médical, 3 rue Cronstadt, 06000 Nice.
Clics - 657
Prononciation: fi-zi-o-lo-jie

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